Posts Tagged ‘Chapelier’

Je suis devenu passionnée de chapeaux…

juillet 11, 2013

C’est au Musée du chapeau de Chazelles-sur-Lyon que j’ai connu mon premier coup de coeur pour la chapellerie. Le savoir-faire, les techniques, les matières premières, les artisans, les connaisseurs et le lieu : la table était mise pour que s’opère la magie. C’était en 1991 et j’habitais Marseille.

chapeau feutre musée

Depuis mon retour à Montréal, vingt ans plus tard bien des choses ont changé. Mais des liens professionnels et amicaux me rattachent toujours au musée du chapeau de Chazelles-sur-Lyon. Qu’il s’agisse des expositions auxquelles j’ai participé, des stages que j’ai suivis ou des concours que j’y ai remportés, tout, tant mes innombrables visites que les précieuses amitiés que j’y ai développées continue d’influencer mon travail et contribue à son développement.

C’est à Chazelles en 1992 que j’exposais mes vingt-sept chapeaux sculptures de velours, de lin, d’osier ou de feuilles d’iris. Puis l’année suivante, lors d’un stage, je perfectionnais le travail du feutre auprès d’un chapelier, et celui de la sparterie auprès d’une modiste. En 1995, 97, 99,  je participais aux internationales du chapeau organisées par le musée,  et en 1999 la maison Hermès me décernait  le prix Motsch-Hermès pour ma création Migwan Achtotin (chapeau de plumes, en algonquin). Puis petit à petit, seize de mes chapeaux sculptures ont pris place dans la collection permanente du musée.

C’est aussi par le biais du musée que je reçois les bulletins du club Chapeau Passion. Club qui regroupe des créateurs, des collectionneurs, des porteurs et des amoureux du couvre-chef… de partout à travers le monde. http://www.museeduchapeau.com/le-club-chapeau-passion.html

Alors on ne  s’étonnera pas que j’entretienne un penchant pour ce musée! Que vous soyez amateurs, professionnels ou tout simplement passionnés du chapeau, je vous conseille fortement une visite ou un stage au Musée. J’y étais en avril dernier pour l’inauguration du site La Chapellerie et pour m’initier au travail de la plume auprès de la talentueuse plumassière Nelly Saunier http://www.nelly-saunier.com/. La preuve que j’y étais… une photo avec la modiste Mayumi Takeguchi http://www.naiade-chapeau.com/ et  un reportage diffusé par TF1.

Atelier – Musée du chapeau en vidéo.

Bonne visite! http://www.museeduchapeau.com/

Lucie Grégoire modiste http://www.luciegregoiremodiste.ca/

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Mayumi Takeguchi et Lucie Grégoire, Musée La Chapellerie

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Un chapelier et un créateur de costumes

janvier 7, 2013

Cette photographie commandée par le Vogue américain et intitulée The mad tea party met en scène Stephen Jones et Christian Lacroix, le chapelier et le créateur de costumes.

J’aime tout de cette photo : les couleurs, le décor, les costumes et surtout les deux personnages principaux. Elle représente aussi le cliché des aventures de Lucie au pays des merveilles.

Pour voir la dernière collection de Christian Lacroix http://www.christian-lacroix.fr/.

Pour voir la dernière collection de Stephen Jones http://www.stephenjonesmillinery.com/01hats/modelMillinery.php.

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Annie Leibovitz, 2003

Stephen Jones – poésie chapelière

mars 20, 2011

Stephen Jones

Les artisans de la chapellerie font  rarement parler d’eux simplement parce que les chapeaux qu’ils créés sont la plupart du temps des accessoires complémentaires aux vêtements et que ces créations sont réalisées en collaboration avec les grands couturiers et les concepteurs de costumes.

Stephen Jones est une exception.

Depuis 1980, ce maître chapelier/modiste crée deux fois par année de magnifiques collections de chapeaux « construites comme des histoires complexes dans lesquelles chaque couvre-chef représenterait un nouveau chapitre ». p.43

Au sujet de ses collections Jones dit : « lorsque je créais un chapeau, je devais concevoir un personnage complet. C’est pour moi l’excitation toute intime que procure la création d’une collection. En passant par les innombrables étapes de sa réalisation – inspiration initiale, recherche, esquisse, passage à la toile, choix des tissus, garnitures et baptème – chaque collection de chapellerie développe progressivement une véritable personnalité ». p 14

Ses collaborations haute couture sont impressionnantes : Marc Jacobs, John Galliano, Claude Montana, Givenchy, Emmanuel Ungaro, Balenciaga, Comme des garçons, Azzedine Alaïa, Dries Van Noten, Jil Sander…la liste est longue.

Au sujet de sa collaboration avec les grands couturiers, il dit  : « La création d’un chapeau est une sorte de conversation. Il s’agit tout simplement d’être en sympathie avec l’autre. C’est une question de respect ». p. 28

Ses collaborations au cinéma : chapeaux pour Audrey Tautou dans Coco avant Chanel en 2009, pour Cate Blanchett dans The Golden Age en 2006….

Sa clientèle : Madonna, Carla Bruni, Anna Piaggi, Björk, Céline Dion, Christina Aguilera, Mick Jagger,….

Audace, intelligence, humour, légèreté, équilibre, beauté sont les mots qui me viennent à l’esprit lorsque les chapeaux de Jones défilent sous mes yeux.

Les citations rapportés plus haut ont été tirées du livre Stephen Jones & l’accent de la mode aux Éditions de la Martinière paru en 2010. John Galliano termine la préface du livre par ce mot

« Prenez du plaisir ! »

C’est ce que j’ai fait en découvrant ce grand créateur de chapeaux, ce grand modiste, ce grand chapelier.

Un pur plaisir visuel


Dior - automne 2011

Marc Jacobs - automne 2011

Coco avant Chanel

Stephen Jones - automne/hiver 1998-1999

http://www.stephenjonesmillinery.com/04biography/cv.php

MODISTE

janvier 30, 2011

MODISTE : s. f. ou s. m. – CHAP., TECH. Ce métier se différencie de celui de chapelier. Vers 1750, le dictionnaire de Trévoux définit les modistes comme « des personnes, sans distinction de sexe, qui s’attachent à suivre les modes ». À l’origine, les modistes dépendent des merciers et se regroupent avec les fleuristes et les plumassiers sous la même corporation en 1776. Appelées « faiseuses » ou « marchandes de modes », elles ont le privilège de garnir et d’enjoliver les robes, les habits de cour, dominos et autres vêtements de femmes et d’enfants dans lesquels entrent des gazes, crêpes, dentelles, velours, rubans, plumes, fleurs …Elles réalisent aussi des chapeaux, des bonnets, des fichus, des mantilles … Rose Bertin fut l’une des premières modistes. Elle s’est distinguée en créant des coiffures pour la reine Marie-Antoinette au XVIIIe siècle. La maison de modes au sens moderne du terme apparaît à la fin du XVIIIe siècle. Le métier de modiste se dévelope considérablement au XIXe siècle avec Caroline Reboux et au XXe siècle, suivant ainsi l’essor du chapeau féminin.

Pour devenir modiste, l’apprentissage tel qu’il se pratiquait aux XIXe et XXe siècles ne suffisait pas. Les modistes avaient l’habitude de dire que le talent  ne s’enseignait pas : l’art de chiffonner, de modeler, de garnir, d’assortir, d’apprécier le coiffant, les proportions…était inné ; l’apprentissage, indispensable, n’était là que pour orienter. Les modistes comme les grands couturiers ont leurs célébrités : Jeanne Blanchot, Les soeurs Legroux, Madeleine Panizon, Rose Valois, Rose Descat, Suzanne Talbot, Agnès, Paulette, Jean Barthet, Gilbert Orcel, Claude St-Cyr. Certains couturiers ont débuté comme modistes : Jeanne Lanvin, Coco Chanel, Elsa Schiaparelli ; d’autres ont toujours présenté eux-mêmes une collection de chapeaux, comme Jacques Fath, Christian Dior, Yves St-Laurent, Cristobal balenciaga, Hubert Givenchy….

Les métiers de chapelier et de modiste sont aussi très différents. Bien que réalisant le même produit, ils ont une conception différente du chapeau et font appel pour sa fabrication à des savoir-faire particuliers. Les chapeliers sont le plus souvent spécialisés et ne travaillent que certaines matières : feutre, paille, tissu…Ils produisent en grande série ou en série limitée des chapeaux d’homme et de femme classiques.

Encyclopédie du couvre-chef, Samedi midi éditions, p. 259

L'Étalage de la modiste - Jean-Émile Laboureur, 1912

Illustration : René Gruau - 1944

Le CHAPELIER

janvier 25, 2011

CHAPELIER : s.m. – CHAP. Le terme chapelier fait aussi bien référence à l’ouvrier qui fabrique la matière première, tel que le feutre, qu’à celui qui transforme un cône, de feutre ou de paille, en chapeau, qui crée un chapeau de tissu, ou qui le vend (chapelier détaillant). Le plus souvent, chaque ouvrier occupe une fonction bien précise liée à sa spécialisation dans le processus de fabrication : souffleur, bastisseur…pour la fabrication du chapeau de feutre; galetier, monteur…pour la fabrication du haut-de-forme en soie, etc. La corporation des chapeliers est très ancienne et figure dans le livre des métiers d’Étienne Boileau au XIIIe siècle. Onze corporations réunissaient les fabricants de chapeaux : les chapeliers de coton, les aumussiers et les coiffiers, réunis par la suite sous le nom de bonnetiers, les chapeliers de fleurs, les chapeliers de paon, les atournesses, les fourreurs de chapeau, les chapeliers de soie, les chapeliers d’orfroi, les chaperonniers, les chapeliers de feutre. Les chapeliers obtiennent des statuts en 1578, mais il faut attendre 1594 pour qu’une véritable communauté naisse. La corporation parisienne choisit saint Michel comme saint patron, mais d’autres confréries, notamment dans les faubourgs, et également en province, ont préféré saint Jacques le Mineur, saint Jacques le Majeur ou encore saint Philippe.

CHAPELIER DÉTAILLANT : s. m. – CHAP. Personne qui vend des chapeaux. Jusque dans les années 1950, il était courant de trouver, à l’arrière d’une boutique, un petit local qui permettait de reformer ou de bichonner le chapeau d’un client, défraîchi ou passé de mode. Le gérant était d’ailleurs souvent un « ancien du métier », un approprieur, qui avait généralement travaillé dans un atelier et qui décidait d’ouvrir, avec son épouse, garnisseuse, un magasin.

Encyclopédie du couvre-chef, Samedi midi éditions, p. 116

Je lève mon chapeau à ce chapelier dessiné par Sempé.

Et merci Philippe!